Les incroyables comestibles sont dans la ville.

  • CR de l’atelier du 7 octobre 2017

Pour illustrer un aspect de la permaculture urbaine, peu mis en avant dans les cursus de formation ou d’exemples cités, l’Escampe avait lancé l’invitation à venir découvrir une ressource végétale variée et abondante au cœur de la ville le 7 octobre dernier.

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Photo extraite du site de l’office de tourisme de la ville du Mans

L’espace de cette sensibilisation fut le jardin des plantes du Mans, constitué de sa partie française de composition géométrique et de sa partie anglaise tout en courbes et d’aspect naturel. Bien que ces jardins du milieu du XIXe siècle ne soient pas caractérisés par une diversité remarquable propre aux jardins botaniques, plus d’une quarantaine de grands végétaux, dont certains vénérables et majestueux, ont pu être identifiés pour satisfaire les papilles et l’estomac.

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Photo extraite du site de l’office de tourisme de la ville du Mans

Un nombre supérieur de végétaux auraient pu être ajouté à la liste si le regard s’était porté sur les pelouses, mais l’approche du jour était plutôt celui des ligneux vivaces, moyens et grands, oubliés, méconnus, délaissés, ou à découvrir pour les plus exotiques. Du rosier au chêne en passant par le bambou pour les plus connus, ou du yucca au noyer d’Amérique et du sassafras pour les moins communs, les variétés de formes et de goûts étaient au rendez-vous. En cet automne 2017 la promenade a permis d’illustrer les propos, de quelques glanages et grignotages de feuilles, fruits ou fleurs (en attendant les saisons d’autres récoltes de sève, d’écorce, de résine ou d’autres fleurs et fruits).

Pour clôturer la balade de 2 heures passées, j’avais dressé pour la quinzaine de courageux curieux, un goûter particulier composé notamment de sirop de sapin, de ketchup de cynorrhodons, de confiture de cornouilles (C. mas) et d’une crème de gland*… qu’il faille bien confesser, ont fini d’étonner et séduire leur monde.

mini_201711-incroyableComestibleLa permaculture voit dans l’arbre en particulier (et la forêt) un idéal de physiologie, une source d’inspiration d’organisation systémique et une ressource vivrière abondante et fondamentale au bien être humain. En effet, l’arbre (et la majorité des plantes) est autotrophe en puisant ses ressources sans nuire à son environnement. Il est même créateur de ressources supplémentaires à ses propres besoins, en coopérations et  synergies avec d’autres formes de vie (champignon en sous-sol, microfaune…) pour décupler l(s)es processus vitaux.

Alors diantre ! un peu de considération à défaut de louer Sylve.

Par ailleurs, la permaculture met en lumière que jardiner la forêt demande moins d’effort et produit d’avantage qu’un carré de salade ou de fraisier. Ici, au cœur de la ville, baissez ou levez la tête, tendez le bras et cueillez de quoi subvenir à des besoins vitaux gratuitement (en veillant à prélever une juste part et préserver l’être qui vous la procure).

L’approche permaculturelle propose de changer le point de vue et invite à voir qu’il y a ressource, valeur et contentement dans ce qui pourrait être perçu de prime abord comme déchet, nuisance ou inutilité, et que la ville peut offrir une abondance pour celui qui regarde et lorsque le végétal y est accueilli avec intelligence et respect dans son usage. Cette année par exemple le jardin des plantes a offert des seaux de glands à qui se donnait la peine de les ramasser.

A l’année prochaine à la même époque pour les absents. – Gaëlic –