Quelques éléments pour se lancer dans l’art de la greffe…

Les croqueurs de pommes Maine-Perche nous ont fait l’honneur de venir nous initier ou nous perfectionner dans l’art de la greffe. La date de nos rencontres aurait pu convenir pour de réelles greffes mais il était plus simple de réaliser de  » fausses greffes  » de démonstration en intérieur que l’on appelle greffe sur table. Almir GALBRIN et le président de section, André PERROCHEAU, outillés pour la circonstance nous ont expliqué le principe et les différentes greffes réalisables : en fente, en couronne, en écusson… Côté théorique, pas de grandes discussions car il existe de nombreux ouvrages sur le sujet. Côté pratique, pour les greffes en fente ou en couronne, il est préférable de greffer les arbres à noyau à l’automne (septembre) et les arbres à pépins en mars/avril.

Pour l’écusson, il existe la greffe à œil dormant (août/septembre), où l’œil va rester en sommeil pendant l’hiver et ne poussera qu’au printemps suivant et à œil poussant (avril/mai) où le bourgeon va rapidement partir en végétation. La technique de l’écusson permet un grand nombre de greffes car on n’a besoin que d’un bourgeon pour une greffe. Il s’agit de réaliser avec un greffoir, un T sur le porte-greffe que l’on ouvre des deux côtés le long de l’incision verticale. On prélève ensuite un bourgeon sur le greffon de la variété choisie que l’on incruste à l’intérieur du T. Almir nous a confié un de ses secrets, fruit de sa longue expérience : il s’agit d’inciser le porte-greffe sur un bourgeon et d’incruster le greffon sur cette assise qu’on croirait faite pour lui (il est habituellement conseillé de réaliser l’incision entre
deux bourgeons).

Pour la greffe en fente, il faut couper proprement le porte greffe à la scie, le parer avec une serpette bien affûtée puis le fendre en deux. Encore un secret d’Almir : pour les arbres à noyau, il ne faut pas fendre dans le milieu du porte greffe mais légèrement désaxé. Pour préparer le greffon, ayez soin d’avoir un greffoir très affûté, faites un biseau de chaque côté du rameau et gardez trois bourgeons sur celui-
ci. Il s’agit ensuite d’insérer le greffon dans le porte greffenen prenant soin de mettre les cambium en contact (pointessentiel qui garantit la reprise).

Enfin, pour la greffe en couronne (porte greffe de gros diamètre), on coupe le porte greffe à la scie, on le pare puis on incise l’écorce verticalement sur 10 cm en trois ou quatre endroits (selon le diamètre). Il faut ensuite décoller l’écorce d’un seul côté (l’arbre doit donc être en sève pour pouvoir le faire). Le greffon, qui doit comporter trois bourgeons, est prélevé en réalisant un biseau simple et est ensuite incéré sous l’écorce décollée.

Pour toutes les greffes, pensez à ligaturer, mastiquer et protéger
des oiseaux la plaie afin d’assurer une bonne reprise. Enfin, il ne
faut pas oublier de couper les liens une fois la reprise assurée.

De nombreux arbres sont greffables, les fruitiers bien sûr, mais aussi des arbres d’ornement. Il ne faut pas croire que la greffe est un acte difficile et réservé à une minorité, il s’agit de patiente, d’observation et de minutie pour que chacun s’approprie ce savoir-faire.

Un grand merci aux croqueurs pour leur disponibilité et
leurs conseils avisés.

Article écrit par Cédric Godbert, Bulletin n°32 – 2009