Alimentation : équilibre acido-basique et sodium/potassium

J’ aimerais attirer votre attention sur 2 éléments de santé auxquels on porte en général une attention insuffisante:l’acidose chronique plus ou moins « invisible », et l’équilibre sodium/potassium. Tous deux ont un impact sous-estimé sur notre santé, et tous deux peuvent être améliorés très facilement.

> Equilibre acido-basique dans nos organismes.

Cet équilibre est extrêmement complexe. En gros, on ne sait pas trop comment ça fonctionne. On sait que selon les fonctions, les organes, et les moments, le PH de notre corps varie énormément. On sait aussi que notre alimentation joue un rôle prépondérant dans cette affaire. Mais on ne peut pas établir les listes des aliments acidifiants et des aliments basifiants, car en général un même aliment va avoir une action parfois acidifiante parfois basifiante selon les quantités ingérées, les mélanges d’aliments, les moments, le reste de l’alimentation et du mode de vie, les personnes….

On sait aussi que le PH est un des facteurs qui affectent le plus notre métabolisme, ce qui n’est pas surprenant puisqu’en phase aqueuse, la dynamique d’une seule réaction chimique peut être totalement modifiée, jusqu’à l’inversion même, par une variation de PH, et que notre métabolisme met en jeu un réseau de très nombreuses réactions en interactions mutuelles.

Certains médecins estiment que la majorité des gens sont en acidose chronique plus ou moins légère, et que cela est en amont de beaucoup de nos maladies, concernant potentiellement toutes les fonctions et tous les organes du corps, maladies que l’on attribue souvent à des causes plus en aval dans les chaînes causales.

On peut bien améliorer les choses en consommant de l’argile; c’est très simple, et tellement efficace pour des tas d’autres problèmes… (Cf la petite apologie de l’argile-aliment que vous avez dû recevoir récemment.)
On peut aussi pratiquer Amaroli (en quantités relativement faibles en moyenne pour ne pas fermer de cycle de détox…), c’est très efficace. Et bien évidemment améliorer son alimentation, les associations, les quantités…

Pour les crudivores, il est fondamental de ne pas manger trop de fruits, ni trop de protéines, ni trop d’oléagineux, d’éviter les mélanges, et de forcer sur les verdures et les légumes. Ne pas oublier que le même aliment, selon les quantités et les mélanges, peut avoir des effets très variables (et même inverses), d’où l’importance de bien s’observer.

> Equilibre sodium/potassium.

Il ne s’agit ici ni de la quantité de sodium (Na), ni de la quantité de potassium (K), mais du rapport entre les deux, ce qui est totalement différent. Or, indépendemment des taux de Na et de K considérés séparéments, ce rapport Na/K a des conséquences cruciales sur le métabolisme, pouvant le perturber beaucoup et dans toutes ses fonctions, car ce rapport est, comme le PH, un des fondamentaux du métabolisme. Donc, s’il est trop grand ou s’il est trop petit, peuvent apparaître des dysfonctionnements, depuis les affections légères jusqu’aux plus graves. Et, à l’instar du PH, ce rapport dépend essentiellement de notre alimentation, avec donc le risque qu’il soit chroniquement trop grand ou trop petit.
Concernant ce rapport Na/K, et contrairement à la question du PH, les aliments peuvent être classés:
– on trouve beaucoup de K et peu de Na dans toutes les parties des végétaux à l’exception des parties chlorophylliennes :
fruits, fruits-noix, oléagineux, graines et céréales, légumes- racines, légumes-fruits;
– contiennent beaucoup de Na et peu de K les verdures (légumes-feuilles), les produits animaux et marins, l’eau de mer, le sel de mer.

En résumé donc, on trouve beaucoup de Na et peu de K uniquement dans les parties chlorophylliennes des végétaux, et dans les produits animaux et marins.

La plupart des gens consomment beaucoup trop de sel et/ou de produits animaux (qui contiennent beaucoup de Na et peu de K), et trop peu de fruits, graines, noix et légumes non verts (qui contiennent beaucoup de K et peu de Na). Leur rapport Na/K est donc trop grand, ce qui, on l’a dit, peut être très dangereux, et constitue, comme pour le PH, une des cause amont d’un tas de maladies qu’on attribue à des causes plus en aval.
Ce problème est très répandu dans nos sociétés. Bien sûr, il ne faut pas diminuer le peu de verdures généralement consommées (car elles sont trop indispensables au métabolisme), mais il faut diminuer les consommations de produits animaux et de sel, et augmenter celles de fruits, légumes et noix diverses.

Quoique le déséquilibre dont on vient de parler (trop de Na, pas assez de K) concerne la plupart des gens, je voudrais parler maintenant du déséquilibre inverse, qui touche peu de gens mais qui est très peu connu.

>  Rapport sodium/potassium trop faible.

Cette question concerne les personnes qui voyagent ou vivent en milieu tropical, ainsi que tous les crudivores, qui forment le groupe le plus exposé. (Les végétariens ne sont a priori pas très exposés: il faudrait que la personne ne mange pas de sel et peu de verdures. Ce serait facile d’y remédier.)

Pourquoi est-on plus exposé à ce déséquilibre lorsqu’on se trouve en région tropicale ? Parce que, même si la personne a au départ un rapport Na/K trop grand (cas le plus fréquent), ce rapport s’inverse parfois au bout de quelque temps en climat chaud. En effet, d’une part elle perd de grosses quantités de sel par la transpiration, d’autre part elle se retrouve parfois à modifier son alimentation: beaucoup boire mais pas ou peu manger de produits animaux, de verdures et de sel, abuser de fruits et de noix diverses,… Cette situation, peu connue de la médecine chez nous, est en revanche bien connue des médecins des régions tropicales et de la médecine militaire.
Les effets sont parfois violents, souvent associés à des déshydratations (que la boisson ne compense pas). Le seul moyen d’y remédier rapidement (avant la perfusion de sérum de Quinton ou de sérum physiologique) est de manger du sel ou boire de l’eau salée ou de mer. (C’est pourquoi les rations de sel sont si élevées dans l’armée française en région tropicale. A noter par ailleurs que les structures médicales militaires connaissent bien le serum de Quinton,puisqu’ils l’utilisent fréquemment pour les perfusions et les
transfusions depuis des décennies…)
Les crudivores en général (et encore plus les crudivores
végétariens) sont très exposés à ce déséquilibre. En effet, souvent, ils ne consomment pas de sel, peu de produits animaux, trop de fruits, graines, noix et légumes, et pas assez de verdures. Il est facile de corriger cela: forcer sur les légumes, diminuer sur les fruits, les graines, les noix et les oléaginaux (et rien n’interdit de compléter ponctuellement avec de l’eau de mer ou de l’eau salée si vraiment nécessaire).

> Encore rapport Na/K trop faible.

Quoiqu’elle soit rare, on l’a vu, je voudrais revenir sur cette situation,  à l’intention des voyageurs dans les pays chauds et des crudivores.
Deux questions : que se passe-t’il lorsque le rapport Na/K est trop faible, et combien doit-on consommer de sel si on choisit de le faire pour y remédier?
Le Na contrôle la teneur en eau extracellulaire (sang, fluides du corps…), et le K contrôle la teneur en eau dans les cellules. Lorsque le rapport Na/K est trop faible (pas assez de Na et trop de K), l’eau des fluides du corps manque, ce qui crée un joli désordre métabolique, que le corps compense en prenant de l’eau dans les cellules, ce qui crée encore un autre joli désordre ! C’est la déshydratation interne, que la consommation d’eau  ne corrige pas tant qu’on n’augmente pas  le rapport Na/K, ce qu’on fait usuellement en prenant du sel, de  l’eau salée, de l’eau de mer…
Si l’on décide de consommer du sel pour augmenter le rapport Na/K, combien doit-on  en consommer pour ne pas tomber dans le problème inverse?  Le meilleur guide en la matière est le goût, même pour  les non crudivores: le mieux est de faire fondre le sel dans  de l’eau, ou de prendre de l’eau de mer, et d’en boire toujours  avec plaisir, ce qui est primordial. C’est simple et très fiable. (Cela permet finalement de tester notre rapport Na/K.)
Mais il est bien évident que, toujours pour ceux  qui veulent faire remonter leur rapport  Na/K, il est largement préférable de consommer plus  de verdures et globalement de corriger les causes alimentaires  d’un rapport trop bas, que de consommer régulièrement du sel pour compenser une « mauvaise » alimentation.

>  Qualité et provenance de l’eau de mer et du sel.

Il est bien évident que les quantités de sel en jeu seront de toutes façons très faibles (sauf peut-être si on ne fait vraiment pas ce qu’il faut avec l’alimentation, et encore). Donc, si vous décidez de consommer un peu de sel pour augmenter votre rapport Na/K, disons occasionnellement, cela aura un impact très faible sur la planète (transport, énergie…).
On peut donc envisager de faire venir du sel, de l’eau de mer ou du sérum de Quinton de loin. (Je dis ça parce qu’il paraît de plus en plus délicat de trouver du sel et de l’eau de mer de bonne qualité, les littoraux étant les zones les plus polluées de la planète…)

> Remarques à l’intention des crudivores

Consommer moins de fruits et d’oléagineux, éviter les mélanges, diminuer les quantités, forcer sur les verdures et la diversité, consommer de l’argile régulièrement, tester de temps en temps l’eau salée, pratiquer Amaroli en quantités limitées… sont, sauf exception, autant de moyens pour rééquilibrer A LA FOIS le rapport Na/K et le PH (et améliorer les problèmes de déminéralisation et d’acidoses, supprimer les soifs intempestives, etc.)

A propos des soifs intempestives, que boire n’étanche pas et qui surviennent souvent quand on a trop mangé (y compris des aliments contenant beaucoup d’eau, comme trop d’oranges), peut-être est-ce une forme de déshydratation interne due à une baisse rapide du rapport Na/K? (N’oublions pas qu’une des caractéristiques du métabolisme des crudivores est de réagir très vite.) D’ailleurs, en ce qui me concerne, si je fais une prise alimentaire trop copieuse (d’un seul aliment), j’ai systématiquement une soif anormale quelque temps après, sauf si l’aliment que j’ai mangé est de la verdure ou est d’origine animale, lesquels justement ont un rapport Na/K élevé.
C’est votre cas aussi ?

C’est clair qu’un bon repas  ne donne pas soif. Mais je conjecture même qu’on n’a pas du tout besoin de boire si on mange cru et bien. Vous constatez ça aussi ?

Enfin, on l’a vu, les verdures  sont essentielles pour les équilibres acido-basique  et sodium/potassium. En fait, elles constituent même notre  aliment le plus fondamental. Elles sont aussi les seuls aliments  qui ne fassent pas maigrir (avec peut-être les légumes-racine) lorsqu’on en mange trop,  contrairement aux fruits, aux protéines et aux oléagineux.
On commence à peine à (re)découvrir combien elles sont nutritivement essentielles, surtout lorsque ces verdures proviennent d’espèces sauvages. On oublie souvent qu’elles contiennent beaucoup de protéines, ainsi que les minéraux, oligo-éléments, catalyseurs et autres micro-nutriments essentiels à notre métabolisme. (Pourtant, en agronomie par exemple, leur composition exceptionnelle est connue…)
Bref, on pourrait véritablement considérer les parties chlorophylliennes des végétaux comestibles (surtout sauvages) comme des « aliment complets » (ce qui ne veut évidemment pas dire que le primate omnivore que nous sommes ne doive pas manger autre chose.)
Autre avantage de ces verdures: elles nous permettent, à condition qu’elles soient récoltées dans des endroits non pollués, ou cultivées correctement, et bien sûr qu’on ne les lave pas ou peu, d’ingérer un peu de terre et de nombreux micro-organismes qui vivent dans le sol et au bas des végétaux, micro-organismes qui sont eux aussi essentiels à notre métabolisme. (En fait, on devrait manger régulièrement un peu de terre, ce qui nous ramène aux bienfaits de la géophagie. N’oublions pas que nous sommes globalement incapables de métaboliser ce que nous consommons : ce sont les micro-organismes qui pullulent en nous qui font le boulot pour nous, un peu comme les végétaux ne pourraient intégrer l’azote sans les micro-organismes qui le font pour eux.)
Donc, bonnes et diverses verdures à tous

PETITE ANNEXE A PROPOS DE GEOPHAGIE ET DE MICRO-ORGANISME DU SOL

On m’a fait l’objection que l’argile ne contient pas ou peu de micro-organismes.En fait, la question n’est pas là, car il faut distinguer la géophagie de la consommation d’argile, qui n’en est qu’une part.

Donc, voici ce qu’on peut dire pour résumer :
Parmi les différentes pratiques de la géophagie, il faut au moins distinguer les deux suivantes.

Primo, la consommation d’argiles. Là, l’intérêt réside dans la matière minérale avant tout. Les quantités ingérés sont donc importantes, plusieurs dizaines de grammes par jour.

A l’inverse, on peut consommer de la terre en visant la matière organique, notamment les très nombreux micro-organismes qui vivent dans la toute petite quantité de sol qu’il suffit alors d’ingérer. Bien évidemment, ce qui est intéressant ici est la partie superficielle du sol, c’est à dire l’horizon juste en dessous la litière, là où la matière vivante est la plus présente, ainsi que le sol accroché au bas des végétaux et à leurs racines. Donc là, on se désintéresse de la fraction minérale et de l’argile, et l’ingestion de très faibles quantités suffisent à ensemencer notre corps avec des micro-organismes. (Rappelons que ces derniers ont la propriété de se multiplier extrêmement vite dès que le milieu leur est favorable, ce qui laisse d’ailleurs au corps la possibilité de choisir…)

Puisqu’on parle de micro-organismes, insistons sur leur incroyable puissance. On pourrait multiplier les exemples, mais j’aime bien les 2 suivants.
Il suffit de couvrir une terre latérisée (et donc quasiment sans azote et sans matière organique quelconque) de n’importe quoi (qui laisse passer l’eau et l’air mais pas la lumière) pour récupérer très vite une grande quantité d’azote intégré au sol. Ce sont les cadavres des micro-organismes (mucus et autres matières collantes du même genre) qui intègrent ainsi l’azote pris initialement dans l’air. Les micro-organismes sont la seule voie d’entrée de l’azote dans le vivant, via le premier organisme vivant, le sol (qui est un complexe organo-minéral). Et comme ils vivent, se multi- plient et meurent très vite, ça fait beaucoup de cadavres.
Beaucoup, ça veut dire suffisamment pour fabriquer toute la fertilité de la terre émergée, c’est -à-dire nourrir, via le sol, tous les écosystèmes terrestres de la planète, comme les savannes et les forêts, avec leurs végétaux et leurs animaux, tous se nourrissant finalement à partir de ces micro-organismes, du moins pour ce qui est des protéines. Quelle incroyable quantité d’énergie !
Autre exemple, les E. M. (Effective Microorganismes), dont les divers usages sont si efficaces (nettoyant universel et domestique, piqûres d’insectes ou reptiles, remède général en applications sur la peau, réhabilitation des sols salés naturels ou après un tsunami, activateur biologique des sols et des composts, contrôle du PH dans diverses application, etc.)
Parmi les innombrables propriétés de ces E.M., considérons simplement l’acidité d’un liquide qui en contient (acidité d’ailleurs très utile en elle-même pour diverses applications). Là s’illustre bien le caractère micro-vivant d’une telle solution. En effet, une solution d’acide purement chimique (non vivante) ne tolère pas qu’on la dilue beaucoup sans perdre son acidité. Imaginons par exemple qu’on fasse une dilution par 10 000 d’une solution d’un acide chimique de PH 4, on obtiendrait une solution neutre. Mais si on part d’un litre de solution vivante de PH 4 à base d’E.M., on obtient rapidement 10 000 litres de la même solution au même PH (et avec toutes les autres propriétés si intéressantes de la solution mère). Chacun peut donc très simplement et en toute autonomie, à partir d’une petite fiole de solution mère, l’étendre à l’infini en gardant ses propriétés. Elle est pas belle, la (micro)vie ?
En tout cas, le micro-vivant est essentiel à la survie des
macro-vivants, dont nous sommes…

Article écrit par Eric Escoffier, Bulletin n°32 – 2009