Plaidoyer pour les abeilles

(colonies vivant libres en pleine nature)
Gilbert Veuille

Il y a en France environ un million de ruches répertoriées, soit moins de deux ruches au km², ce qui serait être bien insuffisant, et qui est encore aggravé par une distribution inégalitaire. Les services vétérinaires qui enregistrent les déclarations apicoles – importance des ruchers et implantations – peuvent réaliser une géographie exacte de la répartition des colonies et cela doit faire apparaître de vastes espaces du territoire où il n’y a que très peu, sinon pas du tout, de ruchers d’abeilles.

Dans ce cas, seules, les abeilles dites « sauvages » sont en situation d’y assumer leur action naturelle et ceci d’autant mieux qu’il apparaîtrait que ces abeilles « libres », en raison de leur mode de vie et d’une rusticité retrouvée, auraient acquis la capacité de maîtriser le varroa et les maladies qu’il génère.

Mais la multiplication des colonies naturelles se heurte à un problème d’habitat. Les essaims vagabonds ont beaucoup de difficulté à trouver où se loger. Leurs lieux d’accueil primitifs, les arbres creux, ont à peu près totalement disparus. Il ne leur reste comme refuges que les conduits de cheminées et les espaces entre fenêtres et volets clos où ils sont le plus souvent mal accueillis et impitoyablement détruits. Il devient donc nécessaire de créer des habitats qui permettraient la multiplication des colonies naturelles à partir de quoi celles-ci n’auraient d’autre rôle que celui qui leur a été dévolu par les lois de la nature.

N’ayant d’autre prétentions que d’avoir réfléchi sur ce sujet, je vous présente dans ces pages une sorte de fiche technique accompagnée de photos, sur un spécimen que j’ai réalisé sous le qualificatif de « ruche de sauvegarde ».
Gilbert Veuille.